AFRIQUE DU SUD- VIGNOBLE ET COMMERCE EQUITABLE- Partie 2

Après vous avoir présenté, il y a quelques semaines, la mise en place du projet Fairtrade chez Dutoitskloof, voici aujourd’hui une interview passionnante de Benjamin COUSIN qui était en charge du Fairtrade pour l’Afrique du sud et que nous avons eu l’occasion de rencontrer chez plusieurs producteurs lors de notre dernier voyage en Février dernier.

CdV: Benjamin, pourriez vous nous expliquer comment se passe la mise en place de la certification Fairtrade sur une exploitation viticole?

Benjamin Cousin (B.C.): L’engagement en Fairtrade implique pour une exploitation de se conformer aux normes Fairtrade qui correspondent en quelque sorte en une feuille de route qui doit assurer  le développement durable de l’exploitation et de la communauté qui en vie. Les choix de développement ne sont cependant pas imposés aux producteurs mais au contraire ils sont issus de leur propre réflexion, c’est ce que l’on appelle « l’empowerment ».

CdV: Il y a cependant des obligations, n’est ce pas?

B.C.: Oui bien sûr et elles sont nombreuses, c’est ce que j’ai nommé précédemment les standards. Ces standards sont à atteindre en plusieurs étapes, les critères de base à 0 et 1 an, puis des critères de développement au long du cycle de certification  à 3 et 6 ans à mesure que l’organisation progresse; on s’inscrit dans une démarche
de progrès. Les standards sont publics et téléchargeables sur:  http://www.fairtrade.net/hired-labour-standards.html.

CdV: Effectivement, c’est un document très complet peux-tu nous dégager les grandes lignes de la mise en place d’une certification Fairtrade par un viticulteur.

B.C.: La première chose essentielle pour le producteur est d’évaluer s’il est capable de rentrer dans la démarche. Son implication nécessite d’avoir le marché pour cela. En effet, s’engager en Fairtrade n’est pas anodin au niveau des relations avec ses acheteurs, car cela implique que les acheteurs seront amenés à verser une prime  calculée sur le Kg de raisin produit.  Le viticulteur doit etre prêt à mettre en place les critères des standards en matière de droit du travail,bien être, santé et sécurité des travailleurs, environnement et bonnes pratiques agricoles. C’est un véritable engagement de leur part. Les travailleurs organisent ensuite des comités, le comité des travailleurs pour tout ce qui est négociation salariale et veille du droit du travail, avec l’appui d’un syndicat si les travailleurs le souhaitent. L’autre comité et celui de la gestion de la prime, où le management de l’exploitation participe mais uniquement en soutien. Ce comité est en charge de mettre en place les projets liés à la prime. Ces deux comités sont élus par les travailleurs. Les différents projets que vous évoquez chez Dutoitskloof par exemple ou encore chez Stellenrust sont issus de l’utilisation de cette prime.

CdV: Et comment la mise en oeuvre est-elle contrôlée?

B.C.: Une fois que tout est en place, l’exploitation soumet sa candidature à FLO-cert l’auditeur qui viendra faire l’audit annuellement sur la ferme. Si l’exploitation se trouve en non conformité sur certains critères suite à l’audit, elle a 3 mois pour réparer ou prouver qu’elle va réparer ce qui ne va pas. Si cela n’a pas lieu, l’exploitation est suspendue (elle ne peut plus négocier en Fairtrade que pour l’équivalent de 50% de leur volume Fairtrade de l’année précédente) puis décertifié si elle est toujours en non  conformité suite à l’audit de suivi.

CdV: Concrètement le Fairtrade Viticole en Afrique du Sud ça représente quoi?

B.C.:  C’est tout simplement le tout premier pays au monde en matière de Fairtrade Viticole. On dénombre 27 producteurs engagé en Fairtrade répartis sur 72 fermes soit environ 5 % de la production de vins an Afrique du Sud et 75 % de la production Fairtrade Viticole mondiale. Evidemment sur 4000 producteurs en Afrique du Sud c’est encore trop peu mais cela se développe. Stellenrust avec leurs vins Fairtrade retenus comme vins officiels des JO de Londres ont notamment contribué à cette reconnaissance (voir http://www.fairtradelabel.org.za/Pagesetter/viewpub/tid/5/pid/18). On dénombre environ 3 000 travailleurs qui bénéficient directement du Commerce Equitable et plus de 14 000 personnes (familles des travailleurs) des retombées. Les primes servent en grande partie au développement des infrastructure et à l’éducation. Quand vous achetez une bouteille de vin certifié Fairtrade vous contribuez au programme Fairtrade du producteur.

 

 

 

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